A bout de souffle ?
Nuit et brouillard ?
Crimes et châtiments ?
Pas de doute, un peu de musique classique
vous fera le plus grand bien :
A bout de souffle ?
Nuit et brouillard ?
Crimes et châtiments ?
Pas de doute, un peu de musique classique
vous fera le plus grand bien :
Pour les copinettes du club, les randonneurs-poètes, les promeneuses-matinales-photographes, les écrivains du dimanche, les volatiles philosophes, les gentilles blondes peintres-voyageuses, les hôtesses de l'air et tous les autres, voici, une fois n’est pas coutume, une recette … culinaire je m’entends …
Mais attention pas n’importe laquelle, celle des Spritz, ( lisez Chpritz) ; non, pas cet apéritif alcoolisé italien, mais ces fabuleux biscuits de Noël de ma région ( la Lorraine : en haut à droite de la carte de la météo) .
Ca faisait déjà un moment que ça me trottait dans la tête…vu le très intéressant rapport qualité du résultat obtenu /compétences nécessaires à la cuisinière et le fait que ces pâtisseries peuvent être réalisées en pyjama un dimanche après-midi.
Et voilà :
Oups ... illisible ! Je vais donc traduire.
Bon, pour commencer, c’est pas mal de se laver les mains, surtout quand vous venez de caresser le chat qui passe sa vie dehors à chasser le rat ou la mésange (mais si, je le nourris !).
Ensuite, il faut débarrasser la table du petit-déj, euh, du déjeuner et réunir les ingrédients suivants :
- 400g de farine
- 250g de beurre (du vrai, pas de l’ersatz light ou de la margarine)
- 2 œufs de poule (ben oui, y’a aussi les œufs de caille, d’autruche, de dinosaure...)
- 125 g de sucre
- 1 paquet de levure chimique (Alsacienne of course)
- 150g de noix de coco râpée (c’est plus pratique)
Bravo à celles qui ont sorti le beurre du frigo plusieurs heures auparavant, sinon, faites-le ramollir un peu au micro-ondes, comme moi (non je ne me suis pas faite ramollir, j'ai placé le beurre au four!).
Dans une jatte, battez votre beurre mou avec le sucre (opération tout à fait possible avec un batteur classique de 1995).
Rajoutez la levure, puis environ la moitié de la farine et continuez à battre.
Lorsque vous ne parvenez plus à tenir votre vieux batteur tant il chauffe et que vous préférez vous faire offrir un bijou plutôt qu’un robot ménager pour Noël, il est urgent de mélanger le reste de la farine avec vos petites minettes. Faites de même avec la noix de coco (mettez les deux mains, elle ressortiront aussi douces l’une que l’autre).
Faites chauffer votre four à 140° (chaleur provenant du bas) et envoyez votre mari, conjoint, pacsé, compagnon, amoureux ou autre chercher à la cave cette antiquité ( lui seul sait où il l'a rangée l'an passé) et l'installer :
Cet objet s’appelle une Wurstmaschine ( prononcez Vourchtmachine : machine à saucisse). Je vous laisse imaginer son utilité il y a quelques dizaines d'années. Attention, elle n'est pas lavable en machine à moins que vous n'ayez un besoin obsessionnel de gratter très très longuement la rouille...
Il suffit alors de la bourrer de pâte par le bon orifice :
Les cratères c'est normal, ce sont mes traces de doigts ...
Puis le principe est celui du tricotin à manivelle : on tourne d'un côté, ça sort de l'autre, sauf qu'avec la Wurstmaschine on a les mains plus grasses
...
Finalement, voici ce à quoi vous arrivez si vous avez installé correctement votre plaque:
Après quoi, placez le tout à mi-hauteur de votre four et laissez cuire 19 minutes pendant lesquelles vous pouvez aller vous doucher, lire Le Figaro Magazine ou Entr'aide ( presse de rue pour lutter contre la précarité et la misère) ou l'excellent Chat de Geluck...
Lorsqu'une odeur de brûlé vous arrive aux narines ou qu'un "Ding" parvient à vos oreilles, il est temps de récupérer vos Spritz et de vérifier que vous n'avez pas remplacé le sucre par le sel :

Et voilà ( pour de vrai cette fois) ... une jolie boîte à biscuits, une deuxième fournée, une distribution à tous les gourmands des environs et le tour est joué !
Il ne vous reste plus qu'à vérifier que vous avez encore assez d'ingrédients pour recommencer dans trois jours...
Jeudi après-midi,
une odeur de friture parfume la classe,
avec mon déo à la sauge et au tea-tree antibactérien ça fait un sacré mélange …
( note aux mamans : lorsque vous faites des frites à déjeuner, merci de changer ensuite le pull de votre enfant … surtout si votre hotte ne fonctionne pas ou que l’huile a plus de 3 mois ).
Le store de la classe orientée plein sud est définitivement cassé,
les élèves de 2011 ne supportant pas la vive lumière du soleil pour digérer ( entre autres)
je les contemple tous dans leur position post-prandiale ( hum … hum … je traduis : après –déjeuner ) favorite :
affalés sur leur banc, bras droit supportant leur tête de plomb ( pour me motiver je me convainc que les connaissances ça pèse) , tentant de se protéger des dangereux rayons solaires, me gratifiant d’un lourd bâillement …
Et je me dis :
Marie, mais quelle idée d’avoir prévu de faire Problèmes et Expression écrite cet après-midi ?
Je sais, je sais, on pourrait croire qu’avec les années, on commence à les connaître ses loustics
mais mon problème c’est que je suis une grande optimiste lorsque je prépare mes cours.
Alors je prends mon courage à deux mains, en même temps que mon Nespresso bien serré
(oui, on a quelquefois du matériel à l’école publique, surtout quand il est vanté par Georges Clooney).
Je quitte mon fauteuil à peau de mouton Ikea et je donne l’exemple :
j’ouvre une fenêtre et je décide d’une petite séance de remise en forme,
alors que la moitié des élèves souffle profondément et bruyamment ( malheureusement pas pour inspirer l’air frais !) Kélian se plaint :
Maîtresse je trouve plus mon cahier de liaison !
Margot s’écrie : Paula elle a volé mon stylo Hello Kitty !
Théo nous fait profiter d’un : Ouah ça caille !
Marie tu es forte, tu es sereine, reste zen, allez une blagounette pour garder ton calme :
Les enfants je suis désolée, je n’ai pas de baguette magique, je ne peux pas faire de miracle !
- Ouais c’est pas Joséphine Ange Gardien la maîtresse !
- Ben si, elle lui ressemble un peu !
( là, je frise la syncope)
- Non, elle est quand même plus grande !
(ouf ! … quoique j’espérais un : Elle est quand même plus grande et plus jolie )
Le monde est cruel,
on quitte la classe pour aller faire du sport dans la cour, il fait si beau cet après-midi, non ?
Et puis Bryan vient de vomir, et puis le numéro de téléphone des parents n’est pas noté sur sa fiche de renseignements, et puis y’a pas de sciure dans cette école (on peut pas tout avoir …), et puis tout le monde se bouche le nez en chouinant Bêh, ça pue !
ET ALORS LE SPORT DANS LA COUR ?
Na, pas pour la maîtresse …
Pour Kélian, Margot, Théo et les autres chouineurs qui courent, courent, transpirent, transpirent …
Bon, Bryan a cessé de rendre ses entrailles, l’air frais lui fait du bien !
L’air frais LEUR fait du bien !
L’air frais et le soleil sur mon visage ME font du bien !
Bravo Marie, t’es trop forte !
Viens voir les comédiens
Voir les musiciens
Voir les magiciens
Qui arrivent ...
Derrière chez moi vivait un arbre, on l’appelait peuplier
depuis combien d’années, je ne sais pas
je l’ai toujours connu là, imposant et protecteur …
Enfant je l’aimais déjà
de ma chambre chez mes parents je l’apercevais qui m’appelait
il me suffisait alors de traverser la ‘grand route’
et d’emprunter sur quelques mètres le chemin pour le retrouver
Avec ses cousins il formait un premier écran dans les prés
enraciné le long de la rivière il déployait ses branches
pour offrir un peu d’ombre aux ruminantes qui s’y désaltéraient
Mais pas seulement
car, sous sa voûte, sur le pont …
Il accueillait des gamins et leurs expéditions
tritons, têtards, salamandres et grenouilles
ont en fait leurs frais !
(Ah j’en ai ramené des bêtes chez moi, dans des pots de fromage blanc percés …
je les mettais dans une immense bassine verte et très fière j’admirais mon bestiaire,
j’adorais les faire glisser dans mes mains, gluantes elles m’échappaient
mais jamais je n’ai vu un têtard en grenouille se transformer … )
Il accueillait des adolescentes au cœur gros
venues chercher un endroit isolé mais rassurant
pour y verser des larmes
( … oui il y avait même un banc, aujourd’hui disparu, mais plus loin, à l’entrée de la forêt une telle antiquité existe encore, je le photographierai … avant qu’il ne disparaisse )
Il accueillait aussi évidemment des amoureux
je n’en ferai ni un fromage ni un caprice …
Bien plus tard le destin a voulu que je bâtisse ma maison
à quelques dizaines de mètres de cet arbre, le long du chemin qui y mène
Une grande terrasse à l’arrière ouvre sur la campagne
les prés, plus loin les forêts
et naturellement le point qui attire le regard c’est … mon peuplier …
Car je ne vous ai pas tout dit …
Depuis qu’on se connaît celui-ci a la fâcheuse tendance à vouloir atteindre le sol avec sa cime
Depuis des années je prends mon petit-déjeuner avec lui
le vent souffle et ses branches se mettent à parler
il me salue quotidiennement, me souhaite une bonne journée
c’est comme s’il me faisait toujours signe pour m’appeler
pour me rappeler à nos bons souvenirs
En été, quand le temps le permet, je dors la fenêtre ouverte
de mon lit je peux contempler la silhouette que forment ses branchages
qui se découpent dans le ciel étoilé
et comme une enfant
je vois tantôt une gueule de chien
tantôt le corps d’un sympathique diablotin
c’est si bon, si beau cette chaleur physique et visuelle …
Oh mais je suis bête !
j’oubliais le bonheur dans le vent de ses feuilles :
elles frissonnent doucement, se frôlent, se caressent
et m’apportent sa douceur, son calme, sa quiétude
Parfois elles s’émoustillent et élèvent la voix
elles ne crient pas, elles bruissent, elles chantent
une mélodie de fraîcheur, de force, de vie …
Mon Dieu je parle au présent !!!
Dimanche 28 février, je me suis levée tôt
accompagnée de mon arbre, j’ai pris mon petit déjeuner
il était particulièrement beau ce matin-là
le matin de la tempête …
J’ai dit à mon ami « Il va tomber … »
sans y croire bien sûr
quelques instants plus tard il a vacillé et s’est couché …
Ca y est c’en était fini de nous deux ...
il m’avait pourtant prévenue qu’il n’allait pas tarder à chuter…
J’ai tout juste eu le temps de prendre quelques photos le lendemain
mon imbécile de voisin l’a découpé en petits morceaux le mercredi …
très fier, avec sa grosse tronçonneuse
circulez y’a (plus) rien à voir …
Puis j'ai pleuré
j'ai pleuré les moments partagés
j'ai pleuré les moments imaginés
j'ai pleuré ce qui ne serait jamais
J’aurais pu continuer à verser des larmes
à m’isoler, à me lamenter
mais j’ai ouvert les yeux
et aperçu d’autres arbres non loin
Oh bien sûr, ceux-là sont différents
mais ils ne demandent qu’à
s’inventer des souvenirs avec moi !
Quant à mon peuplier je ne l’oublie pas
seulement maintenant, quand je pense à lui
je souris …